Micronutriments et autres substances importantes dans Parkinson

Texte provenant du diaporama présenté le 18 septembre 2013 lors de la conférence sur la nutrition et la maladie de Parkinson à Aix-les-Bains. Présentation de Fabien Piasco diététicien-nutritionniste (Dt.P.). Il s’agissait d’un powerpoint, c’est pourquoi le texte n’est pas construit en phrases mais seulement de mots clés.

 

La vitamine D

  • — C’est une vitamine liposoluble (soluble dans les graisses).
  • — Elle est apportée pour 15 à 20% par l’alimentation et pour 80 à 85% produite par la peau grâce à un dérivé du cholestérol et les rayons UVB du soleil.
  • — Une fois activée, elle agit comme une hormone.
  • — Rôles dans le métabolisme osseux mais pas seulement : nombreuses découvertes récentes (système immunitaire, endocrinien, etc.).

Vitamine D et Parkinson

  • — Patients avec apparition précoce de Parkinson : forte prévalence de carence en vitamine D [1].
  • — Un niveau insuffisant en vitamine D pourrait multiplier par 3 le risque de Parkinson selon une étude Finlandaise [2].
  • — Les symptômes de Parkinson pourraient être améliorés avec une supplémentation en vit.D (mais selon génotype) selon une petite étude Japonaise [3].

 

 

Apports de vitamine D par l’alimentation

  • Problématique : la vitamine D est très peu représentée dans l’alimentation…
  • On en trouve surtout dans les poissons gras :

Aliments

Taux de vitamine D (µg/100g)

Hareng, cru

20

Saumon, fumé

19

Anchois

14

Saumon, cuit à la vapeur

12,50

Sardine fraîche, crue

11

Maquereau, cuit au four

7,50

Sardine à l’huile, en conserve

6

Huitres, crues

5

Thon rouge, cuit au four

4,65

 

 

Stratégie alimentaire pour la vitamine D

  • — Poissons 2 fois par semaine dont 1 poisson gras *:
  • SMS : saumon, maquereaux, sardines (+ harengs, anchois, truite arc-en-ciel).

(*nouvelles recommandations ANSES)

— Fréquences selon produits :

  • Petits poissons gras OK jusqu’à 2x/semaine (sardines, maquereaux, harengs moins pollués par le mercure).
  • Saumon 1 fois / 15 jours (poisson déjà + gros).
  • Foie de morue ou mousse de foie de morue de temps en temps (le foie accumule les polluants).
  • Fruits de mer de temps en temps.
  • Attention : ne pas abuser (pollution des mers).
  • —Produits laitiers enrichis en vitamine D.

Supplémentation en vitamine D

  • — Doit se faire sous le contrôle d’un professionnel de santé.
  • — Faire le point avec votre médecin.
  • — Voir pour prise de sang : dosage 25(OH)D.

Le glutathion

  • —C’est un antioxydant (empêche les cellules de « rouiller»).
  • —Il est fabriqué dans l’organisme à partir d’acides aminés (constituants des protéines) : acide glutamique, cystéine, glycine.
  • —Il jour un rôle important dans la détoxication, notamment métaux lourds (thiols + métaux lourds).
  • Dans l’enzyme GPX (détoxication des peroxydes).

Glutathion et Parkinson

 

  • — On retrouve des taux très abaissés de glutathion dans le cerveau des sujets Parkinsoniens [4].
  • — Le stress oxydatif pourrait être une cause dans l’atteinte des cellules de la substancia nigra (locus niger) dans Parkinson [5].

 

Glutathion et alimentation

 

  • — Problématique : le glutathion ne peut être apporté directement par l’alimentation (d’ailleurs il serait détruit dans le tube digestif).
  • — Mais on peut consommer des aliments ou des nutriments permettant sa formation dans l’organisme.
  • Aliments à consommer régulièrement pour augmenter la production de glutathion.
  • — Viandes et œufs (jaune «coulant ») pour l’apport d’acides aminés soufrés.
  • — Asperges, brocolis, épinards.
  • — Avocats.
  • — Alliacés : ail, oignons, échalotes, poireaux.
  • — Petit lait (protéine soluble du lait).

Type d’alimentation pour augmenter la production de glutathion

  • — Alimentation variée et équilibrée afin d’apporter d’autres nutriments importants pour sa fabrication :

◦    Vitamine C

◦    Vitamine B2

◦    Vitamine B6

◦    Sélénium

Compléments alimentaires utiles pour augmenter la production de glutathion

  • — Acide alpha lipoïque.
  • — Cystine.
  • — N-Acétyl-Cystéine.
  • — Chardon Marie (silymarine : Légalon®).

— NB : A prendre sous le contrôle d’un professionnel de santé.

Supplémentation en glutathion

  • — Sous le contrôle d’un professionnel de santé.
  • — Si possible après prise de sang pour bilan de stress oxydatif et dosage des antioxydants.

◦    Examen coûteux

◦    Non remboursé

  • — Glutathion perlingual car détruit dans le tube digestif (existe aussi en patchs).

 

Régime de redistribution des protéines

Qu’est ce qui ne va pas avec les protéines ?

  • —Digestion des protéines → acides aminés.
  • —Quand les niveaux de certains acides aminés sont élevés, le passage de la lévodopa dans le cerveau est ralenti et insuffisant.
  • —→ retour des symptômes parkinsoniens.

Que faire ?

  • —Ne pas réduire les protéines car risque de dénutrition très préjudiciable à la santé en générale.
  • —Mais concentrer les protéines le soir pour n’avoir de symptômes parkinsoniens que tard ou dans le sommeil.
  • —C’est le régime de redistribution des protéines.

Pour qui ?

  • — Personnes présentant un phénomène ON/OFF.
  • — Non réaction au traitement lévodopa / carbidopa (Sinemet).
  • — A faire sous le contrôle d’un diététicien.

Aliments et protéines

  • — Sans protéines : sucres et équivalents, matières grasses (beurre, margarine et huiles).
  • — Traces de protéines : fruits.
  • — Très faible quantité de protéines : légumes verts.
  • — Faible quantité de protéines : tubercules.
  • — Quantité significative : céréales, légumineuses.
  • — Quantité importante : produits laitiers.
  • — Quantité très importante : viandes, poissons, œufs, fruits de mer, oléagineux.

(NB : en %ages)

Exemple d’une journée type

(Pour mieux comprendre) :

Petit déjeuner

  • —Boisson chaude : thé, café, tisane.
  • —Lait végétal peu riche en protéines : « Lait » de riz.
  • —Sucre ou produits sucrés : miel, confiture, sirop d’érable.
  • —Fruits : crus, en compote, au sirop, en jus, fruits secs mais pas oléagineux.
  • —Légumes : en jus.
  • —Matières grasses : beurre ou margarine NON hydrogénée riche en oméga-3 (ou huile pourquoi pas).
  • —Une petite portion de produit céréalier : 1 tr de pain ou 2 biscottes ou 20g (2CAS) de flocons d’avoine ou autres céréales). Les céréales peuvent se prendre avec du lait de riz : à froid ou cuites (porridge). Ou bien avec un autre liquide : eau ou jus de fruits.

Midi

—  Entrée :

  • Crudités vinaigrette.

—  Plats principaux :

  • Féculent sous forme de tubercule : pomme de terre ou patate douce, ou bien riz (car pas trop riche en protéines pour une céréale) : une centaine de grammes : 3CAS ou 2 pomme de terre de la taille d’un œuf.
  • Toutes matières grasses possibles (à l’exception des purées d’oléagineux).
  • Légumes verts d’accompagnement à volonté.

—  Dessert :

  • Fruits : crus, en compote, au sirop, en jus, fruits secs mais pas oléagineux.
  • Et/ou entremet végétal au « lait» de riz + agar agar + vanille, cannelle, fleur d’oranger ou café + sucre.
  • Et/ou boissons sucrées.

Collation de l’après-midi

  • — Fruits : crus, en compote, au sirop, en jus, fruits secs mais pas oléagineux.
  • — Boissons sucrées.

Soir (repas pris assez tard)

—  Entrée :

  • Charcuterie (pour les protéines) ou autre (avocat, crudités…).

—  Plat protidique :

  • Viande, poissons, œufs ou fruits de mer.

—  Accompagnement :

  • (Légumes : + ou -).
  • Féculents type produits céréaliers : pâtes, boulgour, semoule, quinoa ou type légumes secs (légumineuses) : lentilles, pois chiches, haricots secs…

—  Fromage ou laitage

—  Dessert :

 

  • Flan (œufs) ou gâteau maison (œufs, oléagineux).
  • Et/ou oléagineux : amandes, noix, noisettes.

Régime Seignalet et Parkinson

Dr Jean Seignalet

  • —Jean Seignalet (1936-2003) : chirurgien, ancien Interne des Hôpitaux de Montpellier, maître de conférences des universités–Praticien hospitalier à l'Université Montpellier 1.
  • —Dirigea le laboratoire HLA de Montpellier de 1969 à 1989 et fut un pionnier de la transplantation rénale en Languedoc-Roussillon.
  • —Chercheur en immunologie.
  • —S’était orienté vers la nutrition.

Théorie de Seignalet

  • —Nous ne sommes pas adaptés d’un point de vue génétique à l’alimentation moderne. Nos enzymes peuvent rester inefficaces sur certaines molécules alimentaires. Une digestion incomplète, un déséquilibre de la flore intestinale, induisent une perméabilité des intestins (véritable passoire). Ces derniers laissent passer dans le sang des « molécules buissonnières » qui encrassent littéralement l’organisme, provoquant :
  • —Maladies auto-immunes : réponse auto-immune pathologique.
  • —Maladies d’encrassage : substances indésirables ayant traversé le grêle et venant encrasser les tissus et organes.
  • —Maladies d’élimination : les émonctoires libérant ces substances indésirables devient pathologiques : peau, bile, colon, voies aériennes supérieures, bronches…deviennent pathologiques.

Grands principes du régime Seignalet

  • —Exclusion totale des produits laitiers (lait, laitages, fromages de vache, chèvre, brebis…du beurre et de la crème).
  • —Exclusion des céréales modernes : céréales à gluten et céréales mutées.
  • Pas de cuisson agressive (pas de réaction e Maillard).
  • —Alimentation non raffinée.
  • Alimentation biologique.

Ses résultats sur Parkinson

— Seignalet (2002) :

  • 11 patients testés (par lui-même).
  • — 1 échec complet.
  • — 3 stabilisations.
  • — 7 succès (4 améliorés à 50% et 2 à 75%).

 Régime Seignalet :

  • — Compatible avec régime de redistribution des protéines.
  • — A faire sous le contrôle d’un professionnel de la nutrition : diététicien ou médecin nutritionniste.

 NB : aucun de ces régimes alimentaires ne doit être entrepris sans contrôle médical.

Références

1. Evatt ML et al.Vitamin D insuffciency high among patients with early parkinson disease, Arch Neurol, JAMA 2011;68[3]:314-319

2. Knekpt P. et al., Serum vitamin D and the risk of Parkinson disease, Arch Neurol 2010;67:808-811

3. Masahiko S. et al, Randomized, double-blind, placebo-controlled trial of vitamin D supplementation in Parkinson disease, 2013 American Society for Nutrition

4. Sian J. et al, Alterations in glutathione levels in Parkinson's disease and other neurodegenerative disorders affecting basal ganglia, Ann Neurol. 1994 Sep;36(3):348-55.

5. Jenner P. et al, Oxidative stress as a cause of nigral cell death in Parkinson's disease and incidental Lewy body disease. The Royal Kings and Queens Parkinson's Disease Research Group, Ann Neurol 1992;32 Suppl:S82-7.