cures jeune maman à challes-les-eaux

J'interviens en nutrition (consultation) dans le cadre des cures jeunes mamans à Challes-les-Eaux.

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Renseignements à l'établissement thermal de Challes-les-Eaux ou au 04 79 71 06 20


Schéma de la diversification alimentaire

Ce schéma n’a pas été révisé depuis de nombreuses années. Pourtant la société européenne de pédiatrie (ESPGAN) a émise de nouvelles recommandations en 2010.

Ces recommandations restent toutefois correctes, mais peut-être non optimales sur certains points. Par exemple le gluten pourrait/devrait être commencé à 5 mois révolus et non à 6.

 

Document présent dans le carnet de santé notamment :

Un changement notable est que l'on conseille maintenant le gluten à partir de 5 mois (car on a remarqué que la prévalence de la maladie cœliaque était moindre chez les enfants diversifiés avec du gluten entre 5 et 6 mois).


Les nouvelles recommandations pour la diversification alimentaire

Depuis 2009, les recommandations pour la diversification alimentaire des nourrissons ont changé. Elles sont validées par l’ESPGHAN (Société Européenne de Gastro-entérologie, Hépatologie et Nutrition Pédiatriques). De nouvelles données issues d’études rigoureuses sont venues modifier le schéma d’introduction progressive d’aliments autres que le lait.

 

Selon les nouvelles recommandations, la diversification doit commencer entre 4 et 6 mois révolus, ce qui constitue la fenêtre la plus appropriée. En effet une introduction trop précoce mais aussi trop tardive pourrait augmenter le risque d’allergies alimentaires (données récentes en immunologie).

 

Ainsi la viande, le poisson mais aussi les œufs peuvent être introduit dans cette période. Classiquement on peut conseiller d’introduire les légumes et les fruits entre 4 et 5 mois, et la viande, le poisson et les œufs (jaune + blanc) à partir du 5ème mois.

 

Cas des farines avec ou sans gluten :

 On peut maintenant introduire le gluten avant 6 mois. Ceci peut surprendre d’autant plus que les farines avec gluten sont toujours vendues avec la mention « à partir de 6 mois » ! L’avantage de ces farines est justement de pouvoir introduire progressivement le gluten.

 

Le lait de vache, quant à lui, n’est pas à introduire avant l’âge d’un an.

 

 


Ce qu’il faut savoir pour bien réussir la diversification

  •  Ne jamais saler les préparations que vous réalisez ou les petits pots et plats pour bébés du commerce. Les reins de bébé ne sont pas encore matures, ils ne peuvent excréter le surplus de sodium. Le goût fade ne dérange pas Bébé !

 

  • Rajouter de la matière grasse à vos préparations : huile d’olive (vierge extra) ou de colza (vierge première pression à froid, bio) ou beurre (bio). Idéalement ½ cuillère à café d’huile d’olive + ½ cuillère à café de colza ou mieux 1 cuillère à café d’huile Quintesens® bébé (DHA). Les graisses sont particulièrement importantes pour la nutrition des nourrissons (la ration alimentaire des nourrissons comprend 40 à 50 % des calories sous forme de lipides !).

 

  • Ne jamais faire de forcing pour l’introduction d’un nouvel aliment. S’il y a refus, réitérer. Si Bébé refuse encore, recommencez ! Encore et encore. Ne jamais forcer Bébé afin de ne pas créer de blocage ou de climat anxiogène. Le stress de la maman est ressenti par le bébé. Si le bébé est stressé et perturbé, la maman le sera aussi, et transmettra ce stress de nouveau. Ce cercle vicieux est à éviter absolument. La patience est la meilleure façon de procéder.

 

  • Vaut-il mieux faire soi-même ou acheter tout prêt ? Les aliments de nutrition infantile sont les produits les plus contrôlés dans l’industrie agro-alimentaire (taux de sodium, de protéines, de nitrates, de pesticides, etc.). Ces produits sont donc sûrs, pas besoin de culpabiliser.

 

  • Peut-on utiliser un autocuiseur (cocotte-minute) plutôt qu’un Baby Cook (ou équivalent) ? Non, en fait la cocotte-minute cuit sous pression, la température monte à 130°C, donc plus de vitamines sont détruites. On peut par contre utiliser un cuit vapeur, un couscoussier, ou un simple panier vapeur sur une casserole. Ne pas faire cuire les légumes dans l’eau car il y aura des pertes en micronutriments (les vitamines et minéraux hydrosolubles passeront dans l’eau).

 

  •  Vaut-il mieux des fruits et légumes issus de l’agriculture bio ou conventionnelle ? Les deux ont des avantages et des inconvénients. Dans les aliments bio on ne retrouvera pas (ou alors seulement à l’état de traces) des phytosanitaires, mais il peut y avoir des taux de cuivre supérieurs aux produits conventionnels (la bouillie Bordelaise ou sulfate de cuivre est autorisée en bio). Les produits conventionnels pourront, quant à eux, contenir des taux variables de phytosanitaires. Comme toujours l’important est de diversifier au maximum pour éviter les polluants. Les deux peuvent donc être utilisés, en variant les fruits et les légumes.

 

 

Important :

  • Il n’y a pas de schéma strict ou préétabli pour la diversification alimentaire. Chaque enfant est unique ; il faut s’adapter à lui.
  • Suivre les recommandations du pédiatre qui connait le dossier médical du bébé et les antécédents familiaux.

 


L’âge idéal d’introduction du gluten

Idéalement, l’introduction du gluten dans l’alimentation de l’enfant devrait avoir lieu entre le 4ème mois et avant le 6ème mois. Si le gluten est introduit avant ou après le risque de maladie cœliaque augmente.

 

StØrdal K., White R.A., EggesbØ M. (2013) Early Feeding and Risk of Celiac Disease in a Prospective Birth CohortPediatrics; DOI: 10.1542/peds.2013-1752

 

Une étude prospective norvégienne a étudié la relation entre le moment d’introduction du gluten, associé ou non à un allaitement maternel, et le risque de maladie cœliaque dans l’enfance. L’étude prend en compte 324 enfants atteints de la maladie et  81 843 cas contrôle.

A l’âge de 6 mois un questionnaire permettait de connaître le type d’allaitement ainsi que la progression dans la diversification alimentaire mois par mois depuis la naissance. A 18 mois un nouveau questionnaire permettait de connaître le type d’allaitement entre 6 et 18 mois par intervalles de 3 mois.

 

 

Proportion d’enfants chez lesquels le gluten est introduit

Fréquence de la maladie cœliaque

Avant 4 mois

8,0%

4,24 cas/ 1000 enfants

5 ou 6 mois

45,3%

3,68 cas/ 1000 enfants

Après 6 mois

46,6%

4,15 cas/ 1000 enfants

 

La fréquence de la maladie cœliaque était plus importante chez les filles et chez les enfants de mères elles-mêmes atteintes.

L’allaitement maternel n’a pas semblé avoir d’effet protecteur.

Déjà, en 2008, l’ESPGHAN  (société européenne de pédiatrie en gastroentérologie, hépatologie et nutrition) avait émis une recommandation d’introduction du gluten entre 4 et 6 mois*. Et une autre étude que nous reprenions en février 2013 recommandait une introduction des céréales contenant du gluten avant 5 mois et demi.

 

*ESPGHAN Committee on Nutrition (2008), Complementary Feeding: A Commentary by the ESPGHAN Committee on NutritionJournal of Pediatric Gastroenterology and Nutrition; 46(1):99-110.

 

Source : CERIN

 

Note Fabien Piasco :

 

Gluten dans SABOT : Seigle, Avoine, Blé, Orge, Triticale (hybride seigle-blé), mais aussi dans grand et petit épeautre et kamut + dans tous les aliments dérivés (pain, pâtes, farines, gâteaux, biscuits, etc.).


Allaitement et nutrition

Quels sont les avantages de l’allaitement pour le bébé et pour la maman ?

 

Le lait maternel est l’aliment le mieux adapté à la physiologie de Bébé. La production et la qualité (notamment les proportions en nutriments) du lait maternel sont en parfaite adéquation avec les besoins de votre bébé. Il est source de protéines solubles très digestes, d’acides gras essentiels (et d’une enzyme pour mieux digérer les graisses), de sucres dont le lactose et d’oligosaccharides, de fibres permettant le bon développement de la flore intestinal de Bébé, et de fer en petite quantité mais très bien absorbé (grâce à la lactoferrine). Outre ses qualités nutritionnelles exceptionnelles, le lait maternel contient aussi des éléments fonctionnels comme les anticorps et les facteurs de croissance. Il permet en fait tout simplement de favoriser la santé (digestion facilitée, immunité, prévention des allergies, de l’obésité infantile, etc.).

 

Pour la maman l’allaitement est un moyen d’établir un lien privilégié avec Bébé, de poursuivre la relation fusionnelle qui les unissait jusqu’à présent in utero.

 

L’allaitement a aussi d’autres avantages : il permet de retrouver plus rapidement la ligne après l’accouchement. Le coût énergétique induit par la production de lait va permettre une mobilisation des graisses mises en réserve...

L’allaitement permet aussi l’involution de l’utérus (rétractation et retour à sa forme initiale).

 

Quel rythme alimentaire adopter ?

 

Si la grossesse amène à des adaptations métaboliques de l’organisme (mises en réserve de nutriments spécialement pour le fœtus), ce n’est pas le cas de l’allaitement. Les éléments à la base de sa production (nutriments divers, eau) devront venir de l’alimentation ou alors ils seront puisés dans les réserves de l’organisme de la mère (exemple du calcium dans les os de la mère – phénomène réversible).

 

Afin de pouvoir apporter de façon qualitative et quantitative tous les nutriments nécessaires à l’allaitement, il est préférable d’avoir 5 petites prises alimentaires par jour, à savoir les 3 repas classiques (petit déjeuner, déjeuner, dîner) et 2 collations (dans la matinée et un goûter).

 

Quels sont les besoins spécifiques ?

 

-       En énergie (calories) ?

 

La production de lait a un coût énergétique. Le lait maternel contient généralement en moyenne 67 kcal/100ml. Une production de 750 ml par jour engendre une dette d’environ 500 kcal (67 x 750 = 502 calories).

Alors faut-il augmenter ces apports alimentaires pour compenser ? En fait cela dépend de la prise de poids durant la grossesse. Si elle a été importante il ne vaut mieux pas augmenter les apports mais plutôt veiller à améliorer la qualité de l’alimentation. Pour les mères plutôt minces voire maigres, il sera possible d’augmenter la ration alimentaire.

Il est important de rappeler qu’il s’agit de cas par cas.

 

-       En protides (protéines) ?

 

Si le rôle des protéines est bien connu dans la construction des muscles, il faut savoir qu’elles ont de nombreux rôles biologiques. En effet, elles permettent la cicatrisation, mais sont également des éléments fonctionnels de l’organisme (enzymes, hormones, anticorps...). Bien évidemment le lait maternel contient des protéines, mais les apports n’ont pas à être augmentés. Les repères de consommation classiques, à savoir 1 à 2 portions par jour du groupe viandes-poissons-œufs, suffisent. Attention au végétarisme et surtout au végétalisme qui entraînent des risques importants pour la mère et surtout pour le bébé. L’apport en protéines de bonne qualité (protéines animales) est donc primordial.

 

-       En lipides (graisses) ?

 

Les graisses ne doivent pas vous faire peur. Longtemps diabolisées à tort, on sait maintenant qu’elles sont extrêmement importantes pour toutes les cellules de notre organisme. On retrouvera dans le lait maternel les acides gras de l’alimentation de la mère. Les acides gras essentiels devront être apportés par l’alimentation (d’où leur nom « essentiel »). Les oméga-3, pour ne citer qu’eux, sont par exemple utiles pour le développement du système nerveux du nourrisson, pour l’acuité visuelle et le système immunitaire.

 

Conseils pratique

Chaque jour consommer 2 à 3 cuillères à soupe d’huile (moitié olive, moitié colza). Utiliser de préférence des huiles vierges de première pression à froid (olive pour assaisonnement et cuisson, colza uniquement pour l’assaisonnement). On peut aussi choisir de l’huile de noix (première pression à froid) pour l’assaisonnement, très riche en acides gras essentiels. Utilisez le beurre et la crème fraiche en petite quantité, sans les cuire. Manger du poisson 2 fois par semaines dont fois du poisson gras, notamment sardines et maquereaux. Attention aux poissons pollués par le mercure, notamment le thon blanc (Albacore, thon en boîte ; maximum 1 fois par mois).

 

-       En glucides (sucres) ?

 

Si votre objectif est un retour rapide à votre poids de forme, attention aux sucreries. Elles n’ont aucun intérêt nutritionnel (calories vides) ; elles sont donc à éviter. Les boissons sucrées (sodas ou autres) sont également à proscrire en raison de leur fort pouvoir hyperglycémiant (augmentation du sucre sanguin).

 

Conseils pratiques

Favoriser les fruits et les légumes : 2 à 3 portions de chaque, tous les jours.

Il est inutile de faire des choix qualitatifs dans cette catégorie d’aliments, qui ne pose aucun problème.

 

Pour les féculents, choisir des céréales complètes (pain complet, riz semi-complet) et des légumineuses (lentilles...). Choisir les féculents en fonction de leur index glycémique. Eviter les biscottes, le pain de mie, le pain blanc, la purée Mousline et les produits dérivés de la pomme de terre. Privilégier légumes secs, pains complets au levain, pâtes cuisson al dente, riz basmati. Attention les féculents doivent être consommés dans des quantités adaptées à vos besoins.

 

 

-       En eau ?

 

Les besoins en eau sont augmentés par la production de lait. Boire 2 litres d’eau par jour, par petites gorgées, avant d’avoir soif. L’alcool est à proscrire totalement (idem pour la cigarette pendant l’allaitement). L’eau est la seule boisson indispensable. NB : les besoins en eau sont augmentés mais boire plus d’eau que nécessaire n’entraînera pas une augmentation de la lactation.

 

-       En fibres ?

 

Les besoins sont les mêmes que pour tout adulte. Veiller à consommer suffisamment de fruits, légumes, légumineuses et céréales complètes. Leurs rôles sont très importants : prévention de la constipation, mais aussi régulation de l’absorption des graisses et des sucres (fibres solubles).

 

-       En calcium ?

 

Les apports nutritionnels conseillés (ANC) sont de 1000 mg par jour. On peut obtenir cette quantité en consommant 3 produits laitiers (éventuellement 4) par jour. Si vous en consommez moins, mettez l’accent sur les fruits et les légumes et choisissez une eau minérale riche en calcium (Contrex®, Courmayeur®).

 

-       En fer ?

 

Les besoins restent faibles en raison du retour de couche non réalisé (absence de pertes de fer par les règles). 1 à 2 portions par jour du groupe viandes-poissons-œufs vont apporteront largement les quantités nécessaires (ANC de 10 mg/j).

 

 

Les points importants

-       Manger le plus qualitatif possible (produits de qualité, alimentation biologique).

-       Eviter les polluants (tout passe dans le lait).

-   Les oméga-3 sont tout particulièrement importants. Une complémentation peut être envisagée pendant l’allaitement. Dans ce cas choisir un complément alimentaire à base d’huile de poisson, surtout dosé en DHA, avec les labels EPAX et Quality Silver (LPEV Oméga DHA, IXEAL Omégartic DHA, Pilèje Omégabiane DHA).

 


Les laits artificiels

L’allaitement maternel reste le mode alimentaire le mieux adapté à la physiologie de Bébé. Cependant, si l’allaitement au sein n’est pas possible, les laits artificiels sont là pour le remplacer.

 

Quelles différences entre lait de vache, lait maternel et lait artificiel ?

 

Le lait de vache contient 3 fois plus de protéines que le lait maternel. Le rapport caséine/protéines solubles est inversé. Le profil en acides gras est tout autre ; il y a beaucoup moins d’acides gras essentiels. Il est enfin 4 fois plus minéralisé (donc beaucoup trop) que le lait maternel. Le lait de vache ne doit jamais être donné à un nourrisson. Il est tout simplement inadapté à l’alimentation de Bébé.

 

Les laits artificiels sont très différents du lait de vache : ils sont fabriqués en prenant comme « modèle » le lait maternel. Attention le lait artificiel n’est jamais une copie parfaite du lait maternel. D’ailleurs l’appellation « lait maternisé » a été interdite... Le lait maternel contient par ailleurs des anticorps, des facteurs de croissance, etc.

 

Comment les laits artificiels sont-ils fabriqués ?

 

C’est un assemblage de protéines de lait de vache (PLV), de graisses végétales, de sucres, de vitamines et minéraux.

 

Protéines : il s’agit de protéines de lait de vache. Elles peuvent être réassemblées dans des proportions différentes (rapport caséine / protéines solubles différent).

 

Lipides (graisses) : à la différence du lait de vache qui contient des graisses animales riches en acides gras saturés, les laits artificiels sont fabriqués avec des graisses végétales riches en acides gras essentiels.

 

Glucides (sucres) : le sucrage peut être simple (lactose ou maltodextrine) ou mixte (lactose + maltodextrine). Le lactose est le sucre naturellement présent dans le lait. La dextrine maltose est un amidon hydrolysé (en quelque sorte prédigéré, coupé en petits morceaux). A noter que le lait maternel contient des oligosaccharides (effet bénéfique sur le développement de la flore intestinal de Bébé), que n’ont généralement pas les laits artificiels.

 

→ Les formules infantiles ne sont pas du lait de vache en poudre !

 

Quels sont les différents types de laits artificiels ?

 

-       Lait 1er âge ou préparation pour nourrisson : formule standard. Entre 0 et 4-6 mois.

 

-       Lait 2ème âge ou préparation de suite : formule standard. Entre 4-6 mois et 1 an.

 

-       Lait de croissance : de 1 à 3 ans (formule préférable au lait de vache, voir plus loin).

 

Y-a-t-il des laits spéciaux ?

 

-       Lait AR (anti-régurgitations) : il s’agit de laits pré-épaissis avec de l’amidon (de maïs, de riz ou de pomme de terre) ou de la caroube. Amidons : apparaissent moins épais dans le biberon, épaississent au contact de l’acidité gastrique.

Caroube : apparait plus épais dans le biberon et épaissit dans le temps. Non digestible : risque de colique.

-       Laits avec pré- et probiotiques : les probiotiques sont des micro-organismes ingérés vivants et qui se retrouvent vivants dans les intestins et qui améliorent la santé. Les prébiotiques sont des fibres qui permettent de « nourrir » les bactéries de la flore intestinale pour favoriser leur bon développement. Ici le but est d’améliorer la tolérance digestive. Les probiotiques peuvent améliorer l’immunité. Les probiotiques sont utilisés dans les laits AC (anti-colique) mais l’efficacité n’est pas prouvée.

-       Laits sans lactose : le lactose est remplacé par d’autres sucres, généralement par de la maltodextrine. Utilisation en cas de diarrhée (attention les protéines du lait sont entières, ne pas donner si un hydrolysat poussé est utilisé).

-       Préparations à base de protéines de soja : utilisées en cas d’allergie aux PLV mais il existe des allergies croisées entre PLV et soja... Formules sans lactose.

-       Laits HA (hypoallergéniques) : PLV partiellement hydrolysées. Utilisés en cas de terrain atopique (allergies, eczéma dans la famille).

-       Hydrolysats poussés (Peptijunior, Pregestimil) : indiqués en cas d’allergie aux PLV. Formules sans lactose. Goût désagréable pour l’adulte qui les gouterait. Ce n’est pas un problème pour Bébé...

-       Préparations à base d’hydrolysat de protéine de riz : indiquées en 2ème intention en cas d’allergie aux PLV. Formule sans lactose.

-       Préparation à base d’acides aminés libres (Neocate): allergie aux PLV avec intolérance à un hydrolysat poussé, polyallergies alimentaires.

-       Laits pour prématurés : 2 fois plus de protéines que dans les formules standards. Majorité de protéines solubles faciles à digérer. Les graisses sont sous forme de TCM (facilement absorbables et utilisables pour le métabolisme).

Objectif : rattrapage de la croissance

 

Comment faire son choix ?

 

Demander conseil à votre pédiatre ou à votre diététicien. Le choix du lait peut être simple s’il on choisit un lait standard pour un bébé qui ne présente aucun problème. Mais le choix peut devenir complexe s’il existe une pathologie, une intolérance, etc.

 

Sont-ils identiques d’une marque à l’autre ?

 

Non. Les laits ne sont pas interchangeables. Il existe beaucoup de paramètres à prendre en compte : taux et type de protéines, hydrolysat ou non, ratio caséines/lactosérum, sucrage mixte ou simple, etc. Par ailleurs il faut éviter la « valse des laits » (changements continuels de marque de lait).

 

Lait de croissance : quels intérêts ?

 

Le lait de croissance présente en effet certains avantages par rapport au lait de vache. A partir de l’âge d’un an on peut donner du lait de vache mais ce dernier ne contient pas d’acides gras essentiels et il est très pauvre en fer... Le lait de croissance (que l’on trouve parfois sous l’appellation « 3 ») est enrichi en fer et peut l’être également en oméga 3 (DHA). L’inconvénient peut être la présence de saccharose (sucre) et de vanilline.

 

 


Huile de palme et taurine dans les laits infantiles : des inquiétudes à lever

On retrouve ces deux ingrédients dans la liste des composants des laits artificiels. Les mamans sont généralement inquiètes de les voir apparaître, et pour cause, l’huile de palme a très mauvaise réputation et la taurine est associée au Red Bull® ! Essayons d’y voir un peu plus clair.

 

Huile de palme

 

Les laits artificiels sont tous composés de graisses végétales et non de graisses laitières (issues du lait de vache). On retrouve assez souvent l’huile de tournesol, de tournesol oléique, de colza et…de palme. La raison est en fait très simple : le lait maternel, comme le lait de tous les mammifères,  est riche en acide palmitique (acide gras saturé à 16 carbones). L’huile de palme est riche en acide palmitique ; elle en est composée à hauteur de 43%. Pour cette raison, afin de recréer un profil en acides gras comparable au lait maternel, les industriels incorporent un peu d’huile de palme dans les laits artificiels. On peut s’inquiéter de l’impact écologique de la culture de la palme mais l’utilisation de son huile dans les préparations pour nourrissons ne pose a priori pas de problème, nutritionnellement parlant (tant que cette dernière n’est pas hydrogénée). Pour l’adulte il semble très cohérent de limiter les apports en acide palmitique, qui est certainement le pire de tous les acides gras saturés (effet pro-inflammatoire, athérogène, augmente mTOR...). Pour les nourrissons c’est différent car le lait est l’aliment exclusif au départ. Le profil lipidique doit être le plus proche possible du lait maternel si ce dernier n’est pas réaliser. L’utilisation de l’huile de palme reste tout de même et toujours une problématique de santé et d’écologie.

 

Taurine

 

La taurine inquiète aussi, mais peu de gens savent de quoi il s’agit. La taurine est un acide aminé soufré, dérivé de la cystéine (les acides aminés sont les blocs de constructions des protéines). Elle fut découverte dans la bile de taureau (ou de bœuf), d’où son nom. L’homme la synthétise également, mais une partie est apportée par l’alimentation. La taurine a de multiples rôles physiologiques : digestion des graisses car elle rentre dans la composition des sels biliaires, joue un rôle important dans la détoxication hépatique (phase II), stabilise les membranes cellulaires et joue un rôle dans l’osmorégulation (Na+/Cl-) La crainte autour de la taurine dans les laits infantiles vient de l’amalgame avec le Red Bull®, dans lequel la taurine est utilisée à forte dose. L’idée que la taurine va rendre le bébé nerveux et hyperactif est erronée. La taurine agirait en fait comme un neurotransmetteur avec une affinité pour les récepteurs au GABA (neurotransmetteur inhibiteur, donc relaxant). A l’inverse des boissons énergisantes, on retrouve de la taurine dans les laits infantiles à doses physiologiques, nutritionnelles. C’est donc totalement différent.

Pourquoi de la taurine dans les préparations pour nourrissons ? Tout simplement parce que le lait maternel en contient naturellement et que c’est un nutriment essentiel au développement du bébé (la formulation des laits artificiels s’inspire du lait maternel). Le nouveau-né n’a pas encore la possibilité de la synthétiser ; il se fournit via le lait maternel.  Outre son action sur le système nerveux, la taurine est importante pour de nombreux organes comme le cœur, les muscles et la rétine. Il est important de rappeler que la taurine est neuroprotectrice et antioxydante.

 

Conclusion

 

Il n’y a pas lieu de s’inquiéter pour ces deux composants des laits artificiels pour nourrissons. On peut néanmoins s’interroger sur la présence d’autres éléments, qui eux sont bien toxiques : l’aluminium et l’arsenic. Affaire à suivre…

 

Retrouvez cet article sur mon Blog Medicatrix, et bien d'autres !


La flore intestinale de Bébé conditionnera sa santé

Comment Bébé est-il venu au monde ?

 

A la naissance le tube digestif du bébé est stérile. Lors de l’accouchement (par voie naturelle) il est ensemencé par la flore vaginale de la mère. Ainsi le microbiote (la flore intestinale) de l’enfant sera en partie calqué sur la flore de la mère. Il sera riche en lactobacilles et bifidobactéries. C’est un point très important qui permettra de renforcer la santé intestinale du bébé, mais aussi sa santé d’un point de vue global. S’il y a césarienne, alors le bébé n’est pas en contact avec la flore vaginale de la mère. Son microbiote se développera grâce aux bactéries ambiantes (de l’hôpital notamment), et sera plus riche en autres types de bactéries (ex : bactéroïdes). Cette microflore sera moins protectrice et l’enfant sera peut-être plus sujet à l’obésité, aux intolérances alimentaires, aux allergies, etc.

 

Allaitement maternel ou lait artificiel ?

 

L’allaitement est le deuxième point important. Il permet une meilleure santé des intestins par une croissance sélective de bonnes bactéries grâce à la présence naturelle de prébiotiques (oligosaccharides) dans le lait maternel. 

 

Bon à savoir

 

Le microbiote peut être modifié durant les trois premières années de la vie. C’est donc une période critique où l’on doit particulièrement prendre soin des intestins du bébé. Chez l’adulte le microbiote n’est plus modifiable. La prise de probiotiques entraîne des changements transitoires, avant que tout ne redevienne comme avant (les bactéries issues du probiotique vivotent puis disparaissent). Seul un changement radical et définitif du mode alimentaire peut induire une modification durable du microbiote (ex : passage d’une alimentation très carnée au végétarisme).

 

Que faire si Bébé est né par césarienne ?

 

Ne pas hésiter à donner des probiotiques en sachet (ex : Ergyphilus® enfant, Nutergia ou Lactibiane® enfant, Pilèje), à raison d’un sachet par jour pendant 3 mois (au moins 1 mois plein, dès la naissance), puis un sachet par semaine au long cours, le tout étant à adapter selon la fragilité de l’enfant. Le produit UltraFlora Infantis® de Bionutrics est aussi particulièrement bien adapté (1 gélule par jour, à ouvrir et à mettre dans boisson, lait ou compote).

 

Quand donner des probiotiques dans d’autres situations ?

 

  • Coliques du nourisson : Biogaïa® à raison de 5 gouttes par jour. Changer de probiotique si insuffisant car peu dosé (100 millions/5 gttes), notamment pour ProbioRegul Kids de Nutravance, dosé à 1 milliard/5 gttes et microencapsulés.

 

  • Gastroentérite : probiotique avec Lactobacillus rhamnosus GG (Ergyphilus enfant ou Lactibiane enfant). Utiliser le schéma posologique suivant : 3/3/2/2, c'est-à-dire 3/j le premier et deuxième jour et 2/j les deux jours suivants.

 

  • Prise d’antibiotiques : donner conjointement un probiotique, mais à des moments différents dans la journée (l’antibiotique tue les probiotiques), pendant la durée du traitement et quelques jours après (mais peut être poursuivi 2 à 4 semaines). Prévoir une dose de 8 à 10 milliards par jour pour les enfants.

 

Remarques

 

Ces informations constituent un conseil et non une prescription. Il faut absolument consulter le médecin traitant ou le pédiatre en cas de diarrhée, ou pour tout autre problème de santé.


DHA, paramètre important pour le choix d’un lait infantile

Qu’est-ce que le DHA ?

 

Le DHA, ou acide docosahéxahénoïque,  est un acide gras polyinsaturé à longue chaîne de la famille des oméga-3. Attention il ne faut pas confondre DHA et DHEA (qui est une hormone) et le DHA la DHA qui est utilisée dans les crèmes auto-bronzantes (aucun rapport).

 

DHA et santé des tous petits

 

Le DHA est d’une importance capitale à la fois pour le fœtus in utero, pour le nourrisson et l’enfant en bas âge (et bien évidemment plus tard !) [1].

 

Le DHA est utile pour :

  • Le cerveau (fonctionnement cognitif, développement intellectuel et psychomoteur).
  • Le système immunitaire (les oméga-3 ont un effet immuno-modulateur).
  • Les yeux (acuité visuelle).

Le DHA est en fait l’acide gras majoritaire de la membrane des cellules du système nerveux. Il faut imaginer le cerveau comme  une grosse masse gras, et surtout de DHA ! 

 

Où trouvez le DHA dans l’alimentation infantile

 

Le DHA est une forme à longue chaîne d’oméga-3, qui ne se trouve quasiment que dans le règne animale, et surtout dans le poisson gras (dans le jaune d’œuf et dans le foie également en petite quantité). Il est donc important pour la femme enceinte de consommer du poisson gras. Idem pendant l’allaitement (ou d’envisager une complémentation en capsules). En ce qui concerne l’alimentation des nourrissons, seuls les petits pots à base de saumon en contiennent (colin et cabillaud sont des poissons maigres, donc quasiment pas d’oméga-3).

Il y a aussi une huile alimentaire particulière : Quintesens® bébé. Elle contient du DHA car elle est composée d’un mélange d’huiles végétales et d’une huile de poisson (décontaminée et désodorisée. Enfin, il reste le lait en poudre, qui peut en contenir (ou non) selon les marques et les modèles.

 

DHA et lait en poudre

 

Tous les laits infantiles contiennent des oméga-3. Mais pour certains il s’agit uniquement de l’acide alpha-linolénique (ALA) contenu dans l’huile de colza. Cet acide gras n’a rien à voir avec le DHA. Bien sûr une partie de l’ALA peut être converti en DHA dans l’organisme, mais le faible taux de conversion a conduit à considérer le DHA comme un acide gras indispensable [2].

Il est donc préférable de choisir un lait infantile contenant du DHA (et pas seulement de l’ALA). Généralement les laits enrichis en DHA contiennent de l’huile de poisson ou d’algue (Crypthecodinium cohnii).

 

Références

 

1. Guesnet P. Docosahexaenoic acid (DHA) next term and the developing central nervous system (CNS) – Implications for dietary recommandations, Biochimie, 2011 Jan;93(1):7-12

2. AFSSA. Avis de l’agence française de sécurité sanitaire des aliments relatif à l’actualisation des apports nutritionnels conseillés pour les acides gras. AFSSA – Saisine n°2006-SA-0359 


Evolution du lait maternel dans le temps : ce qu'il faut savoir

Le lait maternel n’est pas « un aliment figé » ; il évolue sans cesse.

 

L’évolution du lait au fil du temps

 Le premier lait qui est sécrété par le sein juste après la naissance est le colostrum. Il est très riche en protéines et en anticorps. Il est très dense et de couleur jaune-or. Vient ensuite le lait de transition du 3ème au 15ème jour environ. Il devient progressivement blanc-orangé. Cette phase correspond à la montée de lait. Entre 15 jours et 3 semaines se forme progressivement le lait mature. Son aspect est plus blanc (blanc-bleuté). Ensuite, au fil des mois, le lait continue toujours d’évoluer. Par exemple le ratio lactosérum/caséine (protéines solubles/insolubles) se stabilise à 50/50 à partir de 7 mois, alors que la caséine ne représentait que 20% au début. En fait le lait change en fonction des besoins du bébé, ce que ne peut pas entièrement reproduire un lait artificiel.

 

L’évolution pendant la tétée

 Le lait évolue aussi au fil de la tétée. Au début il y a surtout de l’eau. On parle de « tisane ». Ensuite viennent les protéines et en dernier les graisses. Le bébé s’assoupit à ce moment-là.

 

 

La chronobiologie du lait maternel

 Très important à savoir, le lait évolue dans la journée : les acides aminés qui composent les protéines changent de proportion. Le lait est riche en tyrosine le matin, ce qui favorise l’éveil. Il est riche en tryptophane le soir, ce qui favorise le sommeil.

 

Il est important de connaître « le truc »si vous tirez votre lait. Il convient donc, dans la mesure du possible, de donner le matin du lait tiré le matin et le soir du lait tiré le soir. C’est tout à fait faisable si le lait est congelé. Il faut donc bien mettre une étiquette sur le sachet de congélation en notant la date et l’heure.